mais on peut aussi faire un film vieux avec des jeunes.
Et c'est ce que nous a montré Christophe Honoré avec son dernier opus La Belle Personne.
C'est un film vieux, qui montre une génération lycéenne qui n'est pas la nôtre, mais qui n'est pas atemporelle non plus. Comme si les Années 60 s'immisçaient en 2008.
Christophe Honoré véhicule un imaginaire de la jeunesse complètement fantasmé et désuet d'enfant de 68 qui a grandi avec les films de Garrel; la preuve en est dans le choix son avatar : j'ai nommé le fils Garrel, Louis, qui lui aussi véhicule cette imagerie datée.
Mais le film, s'il est vieux dans son esthétique, ne l'est pas moins dans son propos, et nous sommes ici face à des jeunes vieux qui vivent leurs sentiments comme des grandes personnes, multipliant tromperies et autres vilenies.
L'avantage du procédé, c'est que nous avons affaire à des jeunes gens qui parlent (trop) bien, c'est qui n'est pas désagréable bien que peu représentatif.
Mais là où Dans Paris nous montrait la vie, La Belle Personne ne montre que la représentation de la vie, de manière figée.
Reste la scène Juni/Nemours où la déclaration pudique de leurs sentiments respectifs est très fine : elle ne veut pas s'unir à lui car elle sait l'Amour éphémère et ne veut prendre le risque de le voir brisé un jour.
Nous sommes donc à trois degré de la réalité (puisqu'il faut ajouter celui du Cinéma), et je trouve que ça fait un peu beaucoup.
Un peu comme si on écrivait un roman façon 18ème, en appliquant aux protagonistes les m½urs que l'imaginaire collectif leur prêterait, sans être les m½urs avérés de l'époque.


